Krampouezh
07/01/2027
La pêche à la crêpe
Film d’animation de fin d’études, Krampouezh brasse les stéréotypes de la bretonnitude pour en faire une mise à jour plutôt attendrissante. Krampouezh (krãm.pwes) signifie crêpe en breton, et c’est une Bigoudène en coiffe qui est au fourneau, aux prises avec sa petite-fille rebelle qui ne jure que par la pêche à la ligne au bout du ponton. L’histoire se joue dans une petite maison de pêcheur à deux pas de la grève, tandis que la bande son nous égrène des harmonies celtiques.
Si la suite Adobe et autres applications d’animation 2D sont remerciées au générique, l’on peut louer le trio de réalisatrices Eden Julie Brun, Camille Estieu et Jiamin Peng pour avoir choisi une technique picturale traditionnelle pour cette Krampouezh : l’aquarelle.
KRAMPOUEZH
KRAMPOUEZH
d'Eden Julie Brun, Camille Estieu & Jiamin Peng (2018 - 5')
Une grand-mère bigoudène va devoir s'ouvrir à sa petite fille afin de faire le deuil de son mari.
>>> un film réalisé au sein de l'école ArtFX
〝La seule chose à retenir est que nous ne sommes pas seuls dans ces moments, une peine partagée sera toujours moins lourde.〞
Affronter le deuil ensemble
Affronter le deuil ensemble
Eden Julie Brun revient sur le genèse du film
Le film aborde le deuil à travers la cuisine. Pourquoi avoir choisi cette approche narrative ?
Krampouezh aborde le deuil à travers les souvenirs. On peut avoir envie de continuer de revivre ce qui nous rendait heureux avec les personnes que l'on chérissait, une façon d'honorer leur mémoire. Parfois le rappel de ces souvenirs est douloureux et ce qui nous faisait tant plaisir ne devient plus qu'un pincement au cœur. Il n'y a pas de meilleure manière de vivre son deuil qu'une autre. La seule chose à retenir est que nous ne sommes pas seuls dans ces moments, une peine partagée sera toujours moins lourde.
Krampouezh renvoie à la culture bretonne. En quoi cet ancrage culturel a-t-il influencé vos choix artistiques et/ou visuels ?
C'est parti des crêpes, qu'on a tendance à associer à nos grands-mères. La culture bretonne, quant à elle, résonnait comme un écrin hors du temps, ce qui donnait à notre histoire un espace isolé et rassurant. On tenait vraiment à ce qu'il y ait une bulle de douceur et de légèreté étant donné le thème du film. C'est sur cette même idée que nous avons décidé que les décors de notre film seraient peints à l'aquarelle.
Vous avez utilisé de nombreux logiciels pour fabriquer le film. Comment s’organise la création d’un court métrage d’animation, de la première image jusqu’au résultat final ?
Déjà il y a eu l'idée autour de laquelle on a construit notre scénario. Dans la même foulée, nous avons travaillé notre direction artistique, le style de nos personnages et les premières idées de décors. On s'est filmées une première fois pour se donner une idée de comment s'articuleraient les différentes étapes clés du récit. On a ainsi pu modifier légèrement certaines parties qui manquaient de force. Grâce à ça, nous avions un premier découpage de notre film pour un storyboard. On a modélisé nos décors puis nos personnages, dans lesquels on a placé un squelette pour l'animation. On a fait appel à deux actrices pour les voix, Gaëlle Boureau pour la grand-mère et Lisa Chabot pour Léa. Ainsi, Camille et Jiamin ont pu baser l'animation du visage sur les enregistrements vocaux. Pendant ce temps, Julie et une petite équipe d'étudiants volontaires ont peint les décors de chaque plan à la main. Emma Lutringer Gully et Léa Joassin se sont chargeées quant à elles des musiques et des bruitages. S'en est suivi un travail de composition pour intégrer les personnages en 3D qui ont été animés avec soin dans les décors peints. Enfin chaque plan a été ajouté au montage.
Propos recueillis le 7/01/2025
Eden Julie Brun
Eden Julie Brun
Diplômée de l’école supérieure Aries en 2014, Eden Julie Brun travaille pendant un an à son compte. Dans le même temps, elle adhère à l’association SMA Production qui permet à des enfants de créer leurs propres films. Elle participe aux tournages ainsi qu’à la création des effets spéciaux. En 2015, elle intègre ArtFX.
Camille Estieu
Camille Estieu
Bac ES en poche, Camille Estieu, passionnée par les arts et les jeux vidéo depuis son enfance, commence ses études supérieures par une licence en concepteur 2D/3D et VFX à l’école Aries à Toulouse. Elle intègre ensuite l’école ArtFx à Montpellier afin de se spécialiser en animation 3D pour obtenir un master en réalisation numérique. Sa dernière année d’études lui a permis de réaliser un projet en équipe, le film Krampouezh. Elle s’oriente désormais vers une carrière d’animatrice 3D et 2D.
Jiamin Peng
Jiamin Peng
Visant à créer ses propres projets d'animation un jour, Jiamin Peng poursuit des études après avoir obtenu son bac en Chine. Elle déménage seule en France et, en plus de toutes sortes de difficultés, elle apprend une nouvelle langue. Après plus de trois années d'études, ses horizons s'élargissent sous de nombreux aspects, notamment en tant qu'animatrice.
Histoires animées
Histoires animées
FRANCE CULTURE 🎧 (2023-4 ép.) >>> Podcast Le cours de l'histoire. Des origines du cinéma d’animation aux audaces des Shadoks, en passant par l’essor de Disney et l’usage politique du dessin animé, cette série retrace un siècle d’images animées où se mêlent innovations techniques, imaginaires collectifs et enjeux culturels et idéologiques.
FEMMES D'ANIM 📝 >>> Femmes d’Anim est un site de référencement de femmes évoluant dans le milieu de l’animation française.


4 février 2026 22:37 - Maratier, Delphine
Je vous ai découvert par hasard sur Instagram, et dès que j’ai vu une image du film avec ce beau dessin, j’ai tout de suite été attiré et j’ai cherché jusqu’à pouvoir visionner ce petit film porteur d’espoir et d’humanité. Bravo pour les dessins j’adore.
30 janvier 2026 16:44 - LERAISTRE Gwenaëlle
Bravo pour ce beau travail ! Ca me parle tellement, étant bretonne et normande ( et oui ! ) et avoir perdu mon père quand j'étais très jeune, votre phrase " La seule chose à retenir est que nous ne sommes pas seuls dans ces moments, une peine partagée sera toujours moins lourde." me rappelle à quel point il ne faut pas avoir peur de parler du deuil avec les enfants. Encore bravo !
21 janvier 2026 12:17 - Charline Mahé
Très touchant, et superbement réalisé.
Bravo.
20 janvier 2026 21:33 - Laura Mondon
Belle petite histoire très émouvante
19 janvier 2026 11:16 - Claudine
Quelle tendresse se dégage de votre court métrage !
Tout en délicatesse, BRAVO
16 janvier 2026 12:10 - Anne Lotodé
Beau moment d’émotion sur le deuil, la tradition et la transmission ! Tout y est : le rythme, un décor et 2 personnages dignes d’une bd ! Bravo à toute l’équipe du film !