Njaka Kely
19/04/2027
Le documentaire Njaka Kely, nous embarque à Tamatave, sur la côté est de Madagascar. Ici, des milliers de cyclo-pousses sillonnent les rues d’une ville en proie à la crise économique. Saholy dirige sa petite entreprise avec autorité et bienveillance. Elle veille sur ses conducteurs comme sur ses propres enfants. Parmi eux, Njaka, orphelin de 17 ans, cherche encore son chemin.
Dans Njaka Kely, le réalisateur Michaël Andrianaly dresse le portrait d’une société confrontée au chômage et à la précarité sans jamais céder au misérabilisme. Il s’attache à la relation singulière qui unit Saholy et Njaka. L’adolescent trouve auprès de sa patronne une présence maternelle et la possibilité d’un nouveau départ.
Le réalisateur dévoile avant tout les solidarités qui persistent entre les Malgaches et les chemins de reconstruction qui s’ouvrent à eux malgré les difficultés.
une page en partenariat avec Les Films de la pluie

NJAKA KELY
NJAKA KELY
de Michaël Andrianaly (2015 - 59')
À Tamatave, sur la côte est de Madagascar, Saholy est gérante d'une petite entreprise de cyclo-pousses. Elle s'occupe de ses conducteurs comme de ses fils, et leur permet de trouver chez elle un foyer où ils se font materner.
Tourmenté par un passé difficile, Njaka cherche sa place au sein de cette grande famille. À 17 ans, il sait qu'il doit décider de son avenir mais se laisse encore facilement tenter par la fumette et par les filles.
>>> un film produit par Sylvie PLUNIAN, Les Films de la pluie, en coproduction avec En Quête Prod et Imasoa Film
〝Filmer le quotidien de ces personnages me permet de donner à voir les conditions de vie aujourd'hui à Tamatave〞
Pédaler vers l’espoir
Pédaler vers l’espoir
Michaël Andrianaly raconte son Tamatave et ses pistes d’espoir.
Je vis à Tamatave, sur la côte est de Madagascar, une ville de 200 000 habitants qui était considérée jusqu'au coup d’État de 2009 comme la première ville économique du pays, pourtant 10 fois plus petite que la capitale, Tananarive. C'était une ville propre de bord de mer, pleine de touristes qui venaient là à toutes les vacances. Les week-ends étaient toujours animés sur le bord de la plage, le cinéma marchait très bien à l’époque, et tous les dimanches la salle de projection était pleine. Mais j'ai vu Tamatave changer. La crise s'est installée, progressivement, et depuis la ville a glissé vers l'insécurité et la corruption.
Pour tenter de s'en sortir et de nourrir leur famille, beaucoup de Tamataviens sans emploi sont devenus jokers, c'est-à-dire conducteurs de cyclo-pousse. C'est un phénomène qui touche particulièrement Tamatave, et qui a pris de l'ampleur avec la crise. Il faut dire que le cyclo-pousse est un moyen de transport très populaire car peu de Malgaches ont leur propre véhicule et les taxis sont chers alors que le pousse est bon marché (1000 Ar la course, environ 0,30 €). Et alors qu'il y avait environ 8 000 cyclo-pousses à Tamatave en 2008, on estime qu'ils sont plus de 20 000 aujourd'hui, imaginez !
C'est en voulant aller voir de plus près cette petite communauté des cyclo-pousses, que j'ai découvert l'entreprise Salem, gérée par une femme de caractère, Saholy. De nos jours, la société malgache n’accepte pas encore facilement que les femmes puissent accéder à une certaine indépendance et à un certain pouvoir. Pourtant Saholy ne se laisse pas dominer par les hommes et dirige efficacement son entreprise familiale. Je crois que c'est ce qui m'attire chez elle. À vrai dire, quand je vois Njaka, je me revois adolescent. Saholy s'occupe de lui et le soutient comme ma mère l'a fait avec moi, en me donnant toutes les chances d'avoir une vie meilleure. Njaka, lui, a perdu ses parents, mais a probablement trouvé en la personne de Saholy celle qui le fera s'en sortir dans la vie.
Le film nous raconte cette relation particulière qu'ont noué Saholy et Njaka, et les suit au moment de leur démarche d'adoption. Filmer le quotidien de ces personnages me permet de donner à voir les conditions de vie aujourd'hui à Tamatave, et le cyclo-pousse est mon fil conducteur pour nous faire circuler dans la ville. Pour partager dans le monde entier ce que nous vivons et dire aux spectateurs malgaches qu'ensemble on peut trouver une solution pour revivre le Tamatave qu’on a connu avant. Sans en faire un film misérabiliste, mais plutôt optimiste.
Michaël Andrianaly
Michaël Andrianaly
Michaël Andrianaly est né en juillet 1978. Il est réalisateur, chef-opérateur et photographe. Il vit à Toamasina (Tamatave), sur la côte est de Madagascar.
Après un premier court-métrage documentaire réalisé dans le cadre d’un atelier en 2013, Todisoa et les pierres noires, il réalise deux films sélectionnés dans de nombreux festivals internationaux : Njaka Kely (2015) et Nofinofy (2019) (doublement primé à Cinéma du Réel et Étoile de la Scam). Gwetto, son quatrième film documentaire, a été sélectionné à Visions du réel en avril 2023, puis diffusé sur les plateformes Tënk et TV5 Mondeplus. En 2024, Michaël Andrianaly a été récompensé du True vision award pour l’ensemble de son œuvre au True/False Film Fest à Columbia. Nofinofy et son nouveau documentaire, Mangabangabaka, ont tous deux été lauréats de la bourse Brouillon d’un rêve de la Scam. À travers une veine de cinéma social qui lui tient à cœur, il s’intéresse aux préoccupations quotidiennes des Malgaches et cherche à raconter, au fil de ses films, les bouleversements et les grandes problématiques de son île.
Une société qui change
Une société qui change
PNUD 📝 (2026) >>> Refondation de la République à Madagascar : Les femmes et jeunes femmes leaders remettent leur Document de plaidoyer aux hautes autorités de l’État. Antananarivo, 18 septembre 2026 – À l’heure où Madagascar s’engage dans un chantier décisif de réformes constitutionnelles, électorales et institutionnelles, les femmes et les jeunes femmes malagasy entendent faire entendre leur voix et peser sur les décisions qui façonneront l’avenir de la Nation.
L'EXPRESS DE MADAGASCAR 📝 (2024) >>> Toamasina (Tamatave) - Forte concurrence entre cyclo-pousse et tuc-tuc. Les cyclo-pousse envahissent la ville de Toamasina. Ils sont actuellement entre dix mille et quinze mille à circuler à travers les trente-huit fokontany répartis sur les cinq arrondissements de la capitale de la région Atsinanana.
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