Ki ma mamm
04/11/2027
Dans le salon de coiffure de Maria, les cheveux blancs se mêlent aux éclats de rire. Depuis des années, les mêmes clientes franchissent sa porte, vieillissant avec celle qui les coiffe. Lorsqu’on lui impose la garde du chien de sa mère, désormais en Ehpad, Maria doit voir la réalité en face.
Ki Ma Mamm (Le chien de maman) explore ce moment vertigineux où l’on affronte le déclin de ses parents. La réalisatrice Mai Lincoln interroge notre rapport au deuil. Comment on l’accepte. Comment on s’adapte.
Une fiction, en breton, portée par une actrice lumineuse, Aziliz Bourgès, sur un sujet difficile et universel.
KI MA MAMM
KI MA MAMM
de Mai Lincoln (2023 -20')
Maria a cinquante ans. Elle tient un salon de coiffure avec sa compagne, Rosie. Leurs clientes ont vieilli avec elles. Beaucoup de têtes blanches occupent le salon dans une atmosphère familiale et joyeuse. La mère de Maria est à l'EHPAD depuis peu, mais Maria ne lui rend pas visite. Trop effrayée par le vieillissement de sa mère qu’elle aime tant, elle préfère fuir.
>>> un film produit par Anna LINCOLN, Kalanna Production
〝Vieillir, c'est parfois gagner en sérénité, ou développer une complicité nouvelle avec soi-même. Mais c'est aussi perdre : perdre la vue, perdre l'équilibre et, surtout, perdre ceux que l'on aime.〞
Prendre conscience de sa finitude
Prendre conscience de sa finitude
Mai Lincoln explique le point de départ de son film et les questions qu’il soulève.
Il y a dix ans, j'ai rencontré Marie pour la première fois. J'étais alors étudiante et je cherchais un salon de coiffure pour un film d'études. Après avoir fait le tour d'une bonne partie des salons de la ville, je suis tombée sur un commerce qui semblait figé dans les années 1970 : tables en formica rose, grands casques de séchage orange pour les bigoudis des clientes… Intriguée, je suis entrée.
Marie, une femme d'une soixantaine d'années, coiffeuse et propriétaire des lieux, m'a accueillie avec sa générosité et son franc-parler. Elle avait ouvert son salon à vingt ans et ne l'avait jamais quitté. Beaucoup des femmes qui le fréquentaient aujourd'hui en avaient franchi la porte pour la première fois alors qu'elles étaient encore jeunes. En les coiffant, Marie avait accompagné les grandes étapes de leur vie… puis les difficultés d'un corps qui vieillit. Amenée à effectuer de plus en plus de visites à domicile auprès de clientes devenues dépendantes, elle les aidait aussi dans leurs démarches administratives ou les gestes du quotidien. C'est de ce souvenir qu'est né mon scénario.
Très vite, l'écriture m'a conduite à m'interroger sur la vieillesse et sur la mort. Vieillir, c'est parfois gagner en liberté, en insouciance, en sérénité, ou encore développer une complicité nouvelle avec soi-même. Mais c'est aussi perdre : perdre la vue, perdre la mémoire, perdre l'équilibre et, surtout, perdre ceux que l'on aime. À un certain âge, les amis disparaissent peu à peu. Puis vient le moment où l'on perd aussi sa place d'enfant. Et, un jour, on devient orphelin. On prend alors conscience de sa propre finitude.
Ki Ma Mamm raconte cette histoire universelle. Celle d'une femme de cinquante ans, très proche des vieilles clientes de son salon de coiffure, mais incapable d'affronter le vieillissement rapide de sa propre mère, qui la renvoie à sa propre mortalité. La confrontation physique à la mort d'une de ses clientes va peu à peu l'aider à accepter le temps qui passe et à retrouver une forme de sérénité dans sa relation avec sa mère.
Ki Ma Mamm n'est pas une histoire triste, ni un film triste. Maria, Madeleine et Agnès sont des femmes libres, légèrement excentriques, convaincues que le monde leur ressemble. Elles s'accrochent au quotidien avec une énergie obstinée. Leurs difficultés ne disparaissent pas, mais elles apprennent, chacune à leur manière, à vivre avec.
Mai Lincoln
Mai Lincoln
Mai Lincoln est réalisatrice et assistante mise en scène pour le théâtre et le cinéma, et très attachée à la langue bretonne. Elle étudie d’abord la géographie et l’urbanisme. Puis elle se consacre à partir de 2011 à la réalisation documentaire et au théâtre, après une formation au centre d’art dramatique de Brest.
Nos vieux parents
Nos vieux parents
FRANCE INTER 🎧 (2025-48’) >>> Grand bien vous fasse. Comment accompagner ses parents quand ils vieillissent ? Comment les aider à vieillir dans les meilleures conditions possibles et accepter l’idée que ses parents vieillissent ? Et de l'autre côté, comment vieillir bien ?
ARTE 🎬 (2025-25’) >>> Les idées larges. Comment s’occupe-t-on de nos vieux parents ? Si un jour nos parents ne sont plus en mesure de vivre chez eux, on les place dans une maison de retraite. Mais qui s'en occupe à notre place ? Des femmes payées pour les laver et les nourrir, mais pas seulement... car il y a aussi l'attention, la présence, le sourire. Pascale Molinier, professeure de psychologie sociale, pose des questions dérangeantes : peut-on sous-traiter la tendresse dispensée à nos proches ? Pourquoi paye-t-on si mal celles qui s'en occupent ?
THE CONVERSATION 📝 (2025) >>> Vieillir chez soi : jusqu’où compter sur sa famille ? Les personnes âgées veulent-elles vraiment dépendre de leur entourage pour rester à domicile ? Et leurs proches le souhaitent-ils ? Avec ses sondages et témoignages, The conversation nous éclaire sur le rôle que les proches jouent dans l’aide des personnes âgées.
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