Nue
NUE
NUE
de Catherine Bernstein (2009 - 8')
Catherine Bernstein : J’ai écrit ce film à un moment difficile de ma vie. À un moment où je souffrais des relations douloureuses avec ma mère. En écrivant ce mot, que je reprends conscience du lien entre ce film et cette relation douloureuse. Ma mère, qui manque cruellement de confiance en elle, a toujours pensé que l’important chez une femme était l’apparence extérieure, et que celle-ci se devait d’être impeccable. Selon quels critères ? Du coup, elle a été vigilante à ce que je rentre mon ventre, ou cache mes formes avec des vêtements amples, surtout pas trop ajustés. Pendant le tournage, une amie comédienne et réalisatrice, Fejria Deliba, a été mon coach, mon regard. En faisant le film, je craignais de réduire à néant tout espoir de continuer à faire des films. Je prenais un risque maximal du ridicule le plus achevé. J’ai espéré qu’il toucherait au moins les femmes. Ce film a reçu un accueil radicalement différent auprès des femmes et auprès des hommes. Les spectatrices ressortaient avec bonheur, avec énergie débordante à l’issue de la projection. Quelque soit leur âge, il n’était pas rare qu’elles se reconnaissent dans les propos du film. Les hommes semblaient plus émus, bouleversés. Je ne saurais dire pourquoi. Découvraient-ils ce qu’ils pouvaient donner à l’autre ? À l’être aimé ? Ce qui est clair, me concernant, c’est que c’est l’amour qui m’a aidé à me réparer, à faire de moi une seule et même personne, un tout. En tous les cas, je suis émerveillée à quel point Nue a su toucher des femmes et des hommes d’âges et d’horizons variés.
>>> un film produit par Paris-Brest Production
PALMARÈS
- Prix du Meilleur Film au festival international de Saint-Petersbourg 2010
- Sélectionné aux festivals internationaux de courts de Montréal, Locarno, Toronto, Nouméa, Brest ; aux festivals de Douarnenez, de Villeurbanne, d’Amiens, Court devant de Paris, Panorama de Pantin
Le corps en mémoire
Le corps en mémoire
Par Catherine Bernstein
J’aurai pu intituler ce film Diasparagnos, terme philosophique signifiant : le corps en morceaux. Ou encore Blason, genre littéraire très en vogue au XVIe siècle désignant une poésie qui décrit de manière détaillé, sur le mode de l’éloge ou de la satire, les caractères et qualités d’un être ou d’un objet : Le Blason du sourcil de Maurice Scève - Les blasons du corps féminin - Célébrer sa femme en un blason. Je tente aujourd’hui une version cinématographique d’un genre que je découvre ancien.
Extrait du scénario
Tout au long du monologue, la caméra va filmer des parties du corps ; un bout d’épaule avec un bout de bouche, la peau, la nuque, le bras sur la poitrine… pour revenir régulièrement sur le visage. Le tout sera en gros plan. Parfois la femme parlera en « in », parfois en « off ». Elle regardera parfois dans l’objectif, parfois elle sera ailleurs, avec elle-même. Je tournerai une première version dans laquelle la femme parle et une deuxième où elle effectue les mêmes mouvements sans parler pour autant. J’espère ainsi composer au montage une sorte de ballet corporel. Nous découvrirons le « tout » seulement à la fin.
J’entendais il y a peu Michel Serres dire qu’il passe sa vie à réunir tous les morceaux de son corps éclaté. J’ai en effet réalisé il y a peu de temps, comme une naïve révélation, que notre corps était aussi notre mémoire, qu’il racontait une histoire, la nôtre. Alors, j’essaie de lire ce qu’écrit le mien. Lire entre ma taille et mes entrailles. Observer le rapport à notre corps, ce que la société nous renvoie ; durant l’adolescence, la maternité, le vieillissement… avec le regard de notre mère ou celui de l’amour, et enfin ce que nous transmettons. Si le projet est réussi, j’espère qu’il ne parlera pas uniquement de moi.
Catherine Bernstein
Catherine Bernstein
Catherine Bernstein est née le 18 août 1964 à Tours, qu'elle quitte après le Bac pour venir étudier à Paris où elle suit des études de Lettres Modernes. Une fois obtenue son DEUG, elle obtient une Licence de cinéma à Paris-III. Elle réalise ensuite deux courts-métrages, avant de se tourner vers l'assistanat sur de nombreux courts, téléfilms, films publicitaires et industriels, documentaires et longs métrages, parmi lesquels Un monde sans pitié de Eric Rochant, La Vie des morts d’Arnaud Desplechin et L'Irrésolu de Jean-Pierre Ronssin. Elle travaille aussi sur des castings de longs (Oublie-moi, de Noémie Lvovsky, La Sentinelle, de Desplechin, etc…). Zohra à la plage marque son retour à la réalisation.
Une infinie pudeur
Une infinie pudeur
TÉLÉRAMA 📝 (2010) >>> François Ekchajzer, critique cinema à Télérama, écrit une lettre à Catherine Bernstein.

17 février 2025 16:18 - Christofornes
Pudique dans cette nudité, ce court métrage peut avoir, bien reçu, une vertu thérapeutique pour lacceptation du corps... Il m'évoque la naissance de ma fille aînée où je me suis fait grand reporter en plus de grand supporter d'une, non deux luttes pour la vie avec ces craintes et ces excitations de savoir qui et quel il ou elle allait naître. J'ai coupé le cordon de ma fille, elle a crié, ce sera une nerveuse, elle est parfaite dit la sage-femme après avoir compté les doigts. Elle est mariée, battante, forte et fragile à la fois. Comme toi
19 novembre 2024 10:32 - Olivier Goy
Vraiment ce film est magnifique, tellement émouvant. J'en ai les yeux tout humides.
6 novembre 2024 10:40 - Anthony
Magnifique film 👏👏👏👏
25 juillet 2024 11:21 - Carl Valentin
CATHERINE BERNSTEIN une belle Actrice
4 avril 2024 10:05 - Anne Boissel
Beau , touchant et émouvant !
4 décembre 2023 10:35 - Baloche
C’est tout simplement beau, délicat de s’aimer sans se comparer.
Merci pour cet hymne à la beauté sans fard.
5 février 2023 13:20 - Tessier
Très beau, très bien fait, très poétique
21 août 2022 16:17 - Michel Courtilly
Ses propos sont tellement vrais
qu'ils esquissent l'espace, propre à chacun(e),
où on laisse pousser sa beauté,
intérieure, primordiale,
et de laquelle découle toute conception personnelle du beau,
L'art est le miroir de l'âme
et ce film, via la vérité, vécue et énoncée,
de la femme filmée,
a pouvoir de nous faire éprouver notre âme...
Si on le veut bien... naturellement :
Ce film peut nous offrir une belle mise en abyme
sur la question du beau.
10 mai 2022 13:45 - Cannata
Votre témoignage est très beau et c'est vrai que nous sommes beau. avec nos différences qui nous rend notre beauté naturelle que celui où celle qui sent nulle, je lui dirais aime toi tu et belle tu es beau
21 février 2022 16:36 - Damase Gilles
Excellent, merci, je partage sur Facebook bien évidemment. Bouddha dit : "Accepte ce qui est, laisse aller ce qui était et aie confiance en ce qui sera"
19 août 2021 18:29 - Daniel
Formidablement bien réalisé. Les doutes d' une femme concernant son anatomie sont dits simplement et pourtant ils font mouche. Bravo. Et votre corps est très bien.
22 juillet 2021 23:02 - Laurence
ça fait tellement de bien, la simplicité, celle d'une bible retournée qui n'aura que l'écho de sa propre disparition, merci de votre corps, de cette voix qui l'accompagne et de revenir enfin au Tout, le Grand Chemin.
30 mai 2021 19:20 - Didier C
merci à vous de permettre cette "fenêtre de création", pour regarder son corps comme un paysage en horizon d'être soi(s) pleinement
3 mai 2021 19:48 - Claire L'Embrasse Cœur
Merci de proposer ce film, magnifique et touchant. Il m'a beaucoup inspirée pour l'écriture de mon article "Diversité, altérité, sororité" qui traite de la transmission et du regard que l'on porte sur son corps.
Voici le lien pour ceux que ça intéresserait ^^ :
(https://www.lembrassecoeur.fr/diversite-alterite-sororite/)
8 mars 2021 16:51 - Bernadette Filoche
Emotion intense qui submerge... Paysage de saisons qui s'écoulent... tantôt bourrasques... tantôt mer étale.. Une phrase Miyazaki me vient à l'esprit : le jour se lève, il faut tenter de vivre... Subjuguée... Merci
22 décembre 2020 11:47 - Gier
Je suis artiste peintre. Je travaille sur le nu. Et je réagis comme Catherine Berstein le dit. Je reçois ce film avec une immense émotion. Cette confession est touchante, profonde, sincère et donne à voir le corps avec plus de sensibilité et d'humanité. On le perçoit souvent comme objet ou support de plaisir. On le voit là comme lieu de vie, un endroit où l'on peut souffrir, qui pose questions, qui change, un palimpseste sur lequel la vie écrit et réécrit encore et encore et dont l'évolution est difficile à apprivoiser et à accepter.
25 août 2020 22:27 - Catalina
J’ai adoré car j’ai retrouvé Catherine non pas comme elle est mais comme elle était( Quand je l’ai connue et adolescente) à travers ses yeux cette voix qui a changé cette femme qu’elle est devenue, magnifique vraiment!
25 août 2020 22:21 - Esteban
Je suis encore toute émue, c’est par hasard en regardant Arte que je viens de retrouver Catherine que j’ai connu alors que nous n’étions que des enfants nous devions avoir 13 ou 14 ans vous étiez ensemble au collège Balzac à Tours je ne l’avais jamais revue.
J’ai reconnu ses yeux!
Son visage son sourire, ce qu’elle ne le sait pas et moi j’ai rien mais lunettes épaisses de myope je la trouvais magnifique, elle était très belle et avait beaucoup de charme ce que je ne savais pas c’est qu’elle était aussi complexée que moi... je viens de le découvrir
Je ne sais pas comment la contacter peut-être Se rappellera-t-elle de moi.:
Catalina Esteban une fille d’émigrés espagnols, dans sa classe en cinquième je crois.... je me souviens très très bien d’elle et je ne savais rien de ce qu’elle était devenue. Je suis émerveillée!
J’habite depuis plus de 22 ans en Allemagne à Berlin!
2 juillet 2020 00:32 - René
Super tendresse. Merci pour un beau témoignage. Que toutes les femmes qui se sentent un peu inacceptables puissent y puiser la force de s’accepter ! Pour un homme amoureux, il n’existe de pire que son amoureuse se voit sans beauté corporelle.
20 mai 2020 14:04 - Dominique BEURIOT
Magnifique,débordant de tendresse,
je suis très ému
30 mars 2020 14:24 - Dea Conti
Delicadamente sensual, expõe a insegurança de todas nós com nosso corpo, com o olhar do outro, com nosso próprio olhar. Fazer as pazes com o que somos é essencial, é apaziguador. Bela mulher, belo curta, sensível e bem feito. Parabéns!
23 mars 2020 17:29 - CK
Sympa, très agréablement décrit.
25 octobre 2019 09:34 - lapierre frederic
je viens de voir une belle femme nu,attirante bien sur,mais tout en pudeur,j aime cette façon de parler de soi...
je suis magnétiseur,et j ai crée une thérapie que j ai appelé "mise à nu morale et psychique",certaine personnes ont apprécié cette thérapie...
23 juin 2019 13:12 - André Gouriou
Touchant, une femme devant elle même, devant l'éternité.
20 juin 2019 11:27 - Bruno
Au delà de se mettre nue qui n'est pas si simple mais pas compliqué non plus ce film vous met à nu et ça c'est difficile. Vous le faites avec tant de grâce, de pudeur et d'honnêteté devant cette caméra ou se cache la chair de vote chair qui a su filmer juste.
12 juin 2019 18:45 - olak
Super video une femme super jm. Il s agit d'un avis uniquement et simplement point
29 mai 2019 05:16 - Esse
Nul
28 mai 2019 17:40 - Gisèle Eeckaut
Merci d'avoir tourné ce film. J'ai hésité (je suis une femme de 57 ans) à le voir. J'ai eu l'impression de me voir il y a dix ans et de m'entendre encore maintenant. Les hommes devraient regarder ce court-métrage : ils diraient moins d'horreur aux femmes qui ne sont pas des "sacs d'os". A tantôt Madame Bernstein. Gisèle (qui a beaucoup aimé "L'assassinat d'une modiste" - j'espère ne pas m'être trompée dans le titre, je l'écris de mémoire).
1 mai 2019 11:52 - Gaël
Touchant, vrai.., ce que tout un chacun devrait revendiquer ou démontrer, exprimer sans retour...
28 avril 2019 09:09 - Dimitri
Un grand merci ! Très touchant et utile.
28 avril 2019 08:58 - Perrot
Merci...
20 décembre 2018 17:49 - Quentin
Vous être très femme Madame tant de l'extérieur que de l'intérieur. respect bravo.
20 novembre 2018 14:41 - Foussard Jean-Paul
Superbe film. Je me retrouve dans ce regard, dans cette attente du temps. Ayant essayé d'enseigner le portrait-nu durant des années, je suis heureux de rencontrer une telle personne avec cette force. merci aussi à Arte de donner cette chance là.
6 novembre 2018 18:39 - Bernard26
Bonjour,
Merci à Catherine de nous avoir offert ce magnifique film, très émouvant par sa vérité, celle de son corps et aussi celle de ses sentiments encore plus intimes. Merci à sa fille qui a tenu la caméra et à toute l'équipe du tournage.
Et pour répondre à Miligeo, pourquoi vouloir contraindre Facebook à publier ce qui est contraire à leur éthique. Se plier à leur règlement ça s'appelle du "respect".
Très sincèrement,
Bernard.
29 juillet 2018 19:34 - TL
DIEU est une femme
27 juillet 2018 15:10 - Miligeo
partage refusé par facebook....le film va à l' encontre de ses valeurs.
Moi je le trouve tres beau
1 juillet 2018 14:33 - Fahdi
Le film nue est trop bien quand on regarde cette femme qui se met toute nue sur le lit est trop belle, naturelle et charmante franchement je dis bravo et respect à toutes les femmes.
21 février 2018 19:16 - Mymy
Etre femme tout simplement.... moi j'ai adorée être "vache" (j'ai allaité ma dernière jusqu'à 18 mois...) Merci c'est un magnifique film
17 février 2018 13:13 - Van Peteghem
Ce film est touchant et poétique. Cette femme est jolie et a du charme. Parfois, on a cette impression de n'avoir et de ne voir que des défauts physiques, d'autres fois on se trouve beau. .
Bien à vous, et merci
16 février 2018 17:58 - Piou
Nous disait Jean-jacques Rousseau ,“La violence de la femme est dans ses charmes. “
rien ne restera caché, ni le bien ni le mal...
J'apprécie aussi ce titre , Une infinie pudeur. Que de souffrances ou de lâcher prise...Merci pour cette belle présentation, très intime.