FILMER SEUL
Le fait de filmer seul est un bon apprentissage : tu t’enseignes à toi-même à faire du cinéma. Est-ce que ça produit une esthétique ? Je crois que oui, cela ne peut pas être pareil. Si tu filmes quelqu’un, ce n’est pas la même chose lorsqu’une équipe s’installe, avec des projecteurs. L’idée, c’est de garder la vérité des gens. C’était parfois plus marrant de tourner à deux que tout seul, mais on savait que seul, on pouvait se démerder. Comme dans le péché : et tout seul et avec d’autres.
LA FORCE NARRATIVE DU SON
S’il n’y a pas l’image, je ne me plains pas tellement, s’il n’y a pas de son, je suis malheureux. C’est difficile de faire un bon son. Le preneur de son est plus important que le preneur d’images. Je le prends quand j’ai de l’argent.
LE MARCHÉ DU FILM
Ce qu’on fait n’est pas recherché, on n’est pas dans la norme du commerce. Et on s’en fout. J’ai vendu cinq ou six films à la télé, dont un film sur la tempête à France 3 Bretagne. Pas plus. Aujourd’hui, tout ce qui est hors circuit est impossible à diffuser.
RELATION AVEC LE PUBLIC
Même sur des sujets qu’ils veulent avoir, ils ne veulent pas acheter. Ils ont leurs équipes, payés au mois. J’ai vu la tempête de 87, filmés par 25 opérateurs de la télé. Tu es accablé d’ennui, 5 ou 6 auteurs ont fait des films sur un ton différent sur cette tempête, aucun de leur film n’est passé.
LE (GRAND) PUBLIC
J’ai l’occasion de montrer mes films 15-20 fois par an, y compris dans un truc improbable, sous une tente, avec un écran en drap… C’est complètement ringard, mais j’adore ça. Des gens sont venus sous la pluie parce que le sujet les intéresse. Ces petites séances me rappellent le début du cinéma militant. Ça engage tellement, l’intérêt des cinquante personnes qui sont là ! C’est intéressant d’être tout seul avec son film ; on se jette à l’eau, à chercher un dialogue possible avec des gens qui en ont parfois gros sur la patate. J’aimerais avoir un grand public, quand même, mais je ne l’ai pas…
28 octobre 2021 18:48 - Huot De Saint Albin
Magnificot
Magnifique et tellement la
12 juin 2017 23:38 - eno
Tout est dit de ce qui nous arrive, de cette nostalgie pour un futur qui ne viendra pas.... si nous n'y prenons garde.
Un grand merci pour cette découverte pour ce regard tranchant qui donne envie d'en savoir plus et de résister encore et encore.