DaDa, etc.

Miniature DaDa, etc.

Créée en 2016, cent ans après la naissance du dadaïsme, DaDa etc. est une performance scénique polymorphe, hybride... Musiques, textes et voix, images, dans le désordre d’une création dadaïste, présentée par ses protagonistes : Thierry Salvert, Frédéric Gessiaume, Éric Thomas.

LA MARÉE DADA

L’esprit DaDa, la voix DaDa, le sang DaDa sont là pour perturber-submerger-battre le flot discursif, devenu trop pompeux, ennuyeux, vaseux. Quand DaDa est là, plus rien n’est comme avant. Quatre artistes pour une performance : un vidéographe, deux musiciens-gouailleurs et un comédien. Et c’est parti, sûrement pas par là où il faudrait aller, mais on avance, on traverse, on renverse... on s’égare, on est RIEN.
DaDa etc. sera en recréation de 2016 à 2019, afin de pouvoir saisir en permanence la barbarie du temps, les dommages du monde, l’absurdité des systèmes, le délitement des humanités, la confiscation des libertés, la dilution de l’utopie nécessaire, la rage de tout recommencer, la liberté absolue. Chaque représentation se nourrira ainsi (ou sera traversée) de l’état moral, physique et psychique, des auditoires, du moment, des lieux, des géographies, des sentiments, des luttes et des révoltes.

par Thierry Salvert, Frédéric Gessiaume, Éric Thomas

DaDa etc. c’est l’envie folle et le désir fou de s’emparer d’une matière, lors d’un a-concert pour jouer autant l’audace que le ludique sans perdre de vue que DaDa était un mouvement joyeux qui s’élevait contre la noirceur et la morosité de l’époque. Quelles sont les noirceurs et morosités de la nôtre ? Joyeux de quelle manière ?

Cette matière sublime et sans âge, ce sont les manifestes, les poèmes, les écrits, comme des cris, des chants parfois, halètements, scansions amétriques, asymétriques, ce sont les hurlements d’Arthur Cravan, Tristan Tzara, Francis Picabia, Hugo Ball, et de quelques autres figures majeures et radicales de la pensée, de l’Art du XXe siècle.

Mais on ne reproduit pas, on n’honore pas, ne singe pas, ou malgré nous, en (s’)inspirant, ni fleurs ni couronnes, on monte ou on descend avec la marée DaDa, elle nous porte, nous emporte, nous coule. Dada résonne comme le claquement de dents d’un ange déchu.
FROID. La nuit nous submerge, nous chiffonne... Qui sommes-nous ?... Où sommes-nous ?

Il s’agit pour nous, nous tous les « vivants » de se confronter au magma DaDa, cent ans après sa naissance, de se confronter à nous mêmes. Comme une tentative. Sans limite.
Le cadre est déplacé, vidé, broyé.
La marée est haute. SILENCE.


INSTALLATION

Vernissage de l’installation monumentale des trois artistes Achille Berthou, Denis Colin et Julien Lannou avec une performance vocale et poétique de l'artiste portugaise Margarida Guia. On a choisi d'improviser, à six mains, avec un matériau pauvre, le carton, explique Achille Berthou. Le mouvement Dada a été le premier à travailler avec ce type de matériaux. Nous avons créé un paysage de murs, de cloisons, de boîtes que les visiteurs pourront s'approprier avec des jeux de lumières.


À PROPOS DE DADA

Manifeste DaDa
Le Manifeste Canibal Dada de Francis Picabia (1920)

Le mouvement DaDa nous a légué un esprit de révolte et de dérision qui, comme un élixir magique, confère à ses représentants, les « vieillards-dada », autant qu’à tous les autres, une éternelle jeunesse.

Au cœur de la barbarie de la première guerre mondiale, une bande de déserteurs et d’anarchistes européens crée un des mouvements artistiques les plus audacieux du XXe siècle, précurseur du surréalisme et de l’art moderne.

C’est en 1916 à Zurich, en Suisse, pays neutre, qu’au n°1 de la rue Spiegelgasse se retrouvent de jeunes artistes, des étrangers apatrides, des agités déserteurs et réfractaires, considérés comme de dangereux socialistes et anarchistes. Ils investissent un café, surnommé le Cabaret Voltaire. Le 8 février, Hugo Ball, poète et écrivain allemand, pacifiste convaincu, y lit le manifeste DaDa. Le cabaret dont les murs sont tapissés d’œuvres des figures de l’avant garde (Modigliani, Picasso, Kandinsky, Klee ou Matisse) ferme ses portes pour tapage nocturne et tapage moral quelques mois plus tard.

Provocateurs et iconoclastes, les DaDa refusent toute contrainte idéologique, morale ou artistique. Ils prônent la confusion et le doute absolu, affichent ouvertement leur dégoût de la guerre. Le mouvement DaDa touche tous les domaines artistiques : poésie, graphisme, typographie, photographie, cinéma, musique ou arts plastiques.


VIVA DADA

B-A du film de Régine Abadia (2016 - 52')

Dada naît à Zurich en 1916, en pleine Première Guerre mondiale. De jeunes artistes et poètes de toutes les nations belligérantes, réfugiés en Suisse neutre pour échapper à la guerre, poussent un cri de révolte contre les sociétés capables d’engendrer une telle boucherie.

Le film Viva Dada voyage dans cette époque chaotique. Il raconte l’esprit de ce mouvement et son dégoût de la guerre ; de sa naissance au Cabaret Voltaire à Zurich, à ses plus grandioses manifestations qui eurent lieu en France et en Allemagne, pour arriver à sa presque réincarnation dans un objet : un livre, le Dadaglobe. Cet ouvrage conçu par Tristan Tzara, l’un des fondateurs du mouvement, qui réunit les œuvres et les écrits des dadaïstes du monde entier, devait être édité en 1921. Il le sera finalement en 2016 grâce aux recherches d’une historienne de l’art : Adrianne Sudhalter.


BIOGRAPHIES

L'ÉQUIPE ARTISTIQUE

Thierry Salvert

THIERRY SALVERT

Vidéo, machines images, solmisation picturale, vertiges et scénographie générale

Vidéographe, mot le plus juste pour définir son art, quasi sénan, insulaire donc, habitué aux eaux turbulentes de l’île de sein, l’île fief des courants marins de la pointe de l’Europe. Les courants et les turbulences, il les parcourt dans, autour par et avec l’image, de la vidéo et des ses avatars, parce qu’il en a fait son lit, ses matières, ses amantes, une question de vision

Éric Thomas

ÉRIC THOMAS

Guitare, guitare préparée, machines, voix, tropes d’hexacordes modulés, coïncidences sérielles

Musicien guitariste, natif de Gennevilliers, il vit et travaille entre Clohars-Carnoët et Paris. Compositeur, programmateur artistique, expérimentateur, sonorosophe, tout ce qui fait son l’enchante, le berce, le fissionne. Sa place est naturellement dans des projets trans-genre, qui font le lien entre musique(s) et son(s). Entre enregistrements et live. Entre matière(s) sonore(s) et autres champs artistiques.

Frédéric Gessiaume

FRÉDÉRIC GESSIAUME

Voix, lectures, slam, réclamations, rapports d’intervalles, déclarations d’intention et digressions dramatiques

Comédien, débridé par des études d’arts plastiques et d’arts du spectacles (cinéma), il fonde en 1998 le Théâtre à l’envers avec Benoit Gasnier. Se formant avec les metteurs en scène et chorégraphes Ludwig Flazsen et Toméo Vergès, il joue et collabore complice avec Boris Charmatz, le Théâtre du vestiaire, la Cie 13/10 en UT, le collectif d’artistes AÏE AÏE AÏE.

Margarida Guia

MARGARIDA GUIA

Comédienne, performeuse, compositrice portugaise

Écouter Margarida Guia

En solo, Margarida Guia chante et scande la poésie, accompagnée d’accessoires auxquels se mêlent ses compositions musicales. Depuis 2008, elle crée des pièces sonores pour le théâtre, la danse, la radio, le cinéma et pour des installations multimédias. Son univers musical varie de l'improvisation à la poésie sonore aux côtés d’artistes variés

LA PRODUCTION

FRONTAL

Avec la complicité de Marine Blanken : scénographe, décoratrice de cinéma, régisseuse, transversale, épicurienne, experte en diagonale et en hors champ.

Définie à son origine comme une coopérative artistique FRONTAL est en premier lieu une structure de mobilisation artistique et culturelle, d’accompagnement d’artistes, de production et de diffusion d’œuvres. À partir de son activité coopérative de création et de diffusion artistique, FRONTAL a entamé une réflexion plus large sur des enjeux de sociétés, des territoires et des problématiques contemporaines : étudier, diagnostiquer et intervenir dans tous les domaines du patrimoine matériel et immatériel (pratiques culturelles, artistiques et sociales, ...) ; permettre l’accès aux droits pour tous ; permettre à l’art et la pensée contemporaine d’interroger les sociétés.


PRESSE

Ouest France >>> Pour son premier rendez-vous des Endimanchés, la Grande Boutique célèbre le centenaire du mouvement Dada. Surprises, impromptus, ce dimanche s'annonce complètement dada.

COMMENTAIRES

    CRÉDITS

    réalisateur Julien Cadilhac
    coproduction la Grande Boutique et KuB
    avec l’accord généreux des artistes et de Frontal
    réalisé à l’occasion des Endimanchés, le 4 décembre 2016 à Langonnet (56)

    avec le soutien du Conseil régional de Bretagne, de la MJC de Douarnenez, de la Communauté de Communes du Pays de Douarnenez

    en partenariat avec Le Plancher, scène du Kreiz Breizh

    Artistes cités sur cette page

    Thierry Salvert - purée dure - expérimental

    Thierry Salvert

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