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09/09/2027
Bleuenn et Stéphanie sont amies et collègues. En costume de salle impeccable, elles servent les invités lors de réceptions et partagent des moments de vie en dehors du boulot.
Le réalisateur Emmanuel Roy installe son court métrage dans des scènes de la vie ordinaire. En sublimant les silences et les gestes, DIV fait dialoguer en langue bretonne deux féminités, deux quotidiens complices qui interrogent à leur manière l’amour, la tendresse, le désir de maternité, les passions, la séduction et le regard des autres.
Les héroïnes volontairement stéréotypées dépeignent ces représentations qui collent à la peau des femmes, et éveillent ainsi notre attention aux carcans.
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d'Emmanuel Roy (2023 - 22')
Elles sont deux, copines et complices au quotidien, à moins que ce ne soit plus que cela encore. Elles ne partagent pas tout cependant : Bleuenn ose volontiers poser nue, faire de son corps un support d’expression artistique, quand Stéphanie s'épanouit dans un sport de contact rugueux.
L'âge d'or de leur relation appartient-il au passé ? Bleuenn voudrait retenir Stéphanie, faire comme si. Chacune trace son propre chemin, et les fils de leurs vies se démêlent, irrémédiablement.
>>> un film produit par Anna LINCOLN, Kalanna Production
〝J’aime à voir la variété des profils que peut adopter une femme. (…) Le spectre des possibles masculins me semble moins large, moins fécond en invention, moins porteur de choix identitaires tranchés〞
Construire son propre destin
Construire son propre destin
Emmanuel Roy détaille ses intentions quant à son projet de film, au départ imaginé sous le titre Les Féminines.
Les féminines, c’est le mot qu’on emploie dans un club sportif pour parler des équipes composées de joueuses et non de joueurs. Y compris donc quand on désigne des femmes pratiquant le rugby. J’ai toujours eu du mal à ne pas y voir une pointe d’ironie quand on sait à quel point la pratique de ce sport est associée à des clichés de virilité et de puissance brute, pour ne pas dire brutale. Car, évidemment, dans un contexte lexical non sportif, l’adjectif féminin-féminine déclenche bien d’autres images, celles qui sont attachées presque immanquablement à la femme : grâce, sensualité, douceur…, c’est-à-dire celles qui ont par exemple inspiré des siècles de représentation dans la peinture.
Dans ces tableaux, à quelques exceptions notables près, pas de combattantes, de guerrières, pas de violentes ou de physiques hors normes. Les galeries de nos musées sont remplies de femmes féminines qui correspondent à leur stéréotype en même temps qu’elles le fabriquent. Les artistes qui les représentent ainsi sont dans leur immense majorité des hommes. IL tient le pinceau, ELLE prend la pose.
Les Féminines [DIV] tire sa matière de ces représentations traditionnelles et idées préconçues qui collent à la peau des femmes, alors même que la société d’aujourd’hui a fait bouger les lignes et brisé certains carcans. Le temps d’une courte tranche de vie, le film veut provoquer la rencontre et le dialogue de deux féminités de notre temps, différentes et néanmoins complices, qui chacune à sa manière tente de trouver son propre chemin au gré de ses envies et passions, usant de son corps comme elle l’entend, au-delà des préjugés et du qu’en-dira-t-on.
Est-ce parce que je suis un homme ? J’aime à voir la variété des profils que peut adopter une femme. Son rapport au fléchage social hérité des vieilles mentalités, acceptation ou au contraire rébellion et affirmation de soi ; son rapport à la beauté, à la séduction et aux normes qui la mettent en coupe réglée à force de défilés de mode et de publicités de papier glacé ; son rapport à l’envie de maternité aussi, qu’on lui associe volontiers mécaniquement, comme une évidence indiscutable. Le spectre des possibles masculins me semble moins large, moins fécond en invention, moins porteur de choix identitaires tranchés, moins parlant sur notre époque.
Pour autant, Les Féminines [DIV] ne se veut pas œuvre de sociologue. Bleuenn et Stéphanie doivent se mettre à vivre, trouver leur propre souffle, sans étendard et sans drapeau, devenir des personnages pleins et entiers, que l’on surprend au détour de quelques moments privilégiés du destin qu’elles se construisent.
À fleur de peau.
Octobre 2021
Emmanuel Roy
Emmanuel Roy
Emmanuel Roy est un chef-opérateur et un réalisateur basé à Rennes. Formé à la prise de vue à l’École nationale supérieure Louis-Lumière, Il entame une carrière polyvalente, façonnant des images en documentaire, magazine et reportage, fiction, publicité. Il se tourne progressivement vers l’écriture et la réalisation et s’attache à donner à la langue bretonne une place de choix dans ses films.
La création audiovisuelle bretonne
La création audiovisuelle bretonne
CLUB DE LA PRESSE DE BRETAGNE 📝 >>> Produire un film, c’est l’histoire d’une rencontre. Trois questions à… Anna Lincoln, productrice (Kalanna Production)
FRANCE 3 BRETAGNE 🎬 (2024-5’) >>> Quelle production audiovisuelle en breton ? Edition An Taol Lagad du 18 novembre. Les professionnels de l'audiovisuel en langue bretonne ont décidé de se rencontrer régulièrement pour faire avancer des projets ensemble. C'était encore le cas lors du Festival européen du film court, à Brest.
FILMS EN BRETAGNE 📝 (2018) >>> Pour faire un film, toutes les langues se valent-elles ? Le 20 août, Daoulagad Breizh et le Festival de Douarnenez organisaient comme chaque année une rencontre autour de la création audiovisuelle et cinématographique en langue bretonne.

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